Il n'aura échappé à personne que dans quelque mois se dérouleront les jeux olympiques de Pékin. Il n'aura échappé à personne non plus que le Tibet, région sous occupation chinoise a connu les plus grandes agitations et donc le plus grand massacre de la décénnie. Il n'aura échappé à personne que la liberté de penser en Chine n'existe pas et que l'organisateur de ces JO est la plus grande dictature sur cette planète.

Les jeux olympiques se veulent être la fête du sport, la grande messe fraternelle de l'effort. "L'important, c'est de participer" disait l'autre... Mais comment est-ce qu'un être humain peut-il faire la fête alors que des centaines de personnes sont mortes ou en prison à côté de lui ? Comment un sportif peut-il gagner une course et exprimer sa joie dans un pays où les gens n'ont pas la chance de pouvoir faire entendre leur voix ?

Je ne sais pas s'il fallait ou non laisser la Chine organiser les "jeux olympiques", je ne sais pas s'il faut boycotter la cérémonie d'ouverture (les chinois devant leur poste de télévision connaissent-ils seulement le nom de notre président pour en remarquer l'absence, si on la leur montre ?). Ce qu'il ne fait aucun doute c'est que des eventuelles contestations, les chinois n'en sauront rien. Mais est-ce qu'un sportif, être humain avant d'être panneau publicitaire, aura la dignité pour s'inspirer de Tommie Smith ? Est-ce qu'un sportif de "la terre des droits de l'homme" profitera de son podium, pour rappeller qu'un homme ne tue pas un homme, que le décor du spéctacle est en papier maché ? Si la réponse est non, alors le déplacement est inutile.

Le journal de France2 hier soir montrait la police française utiliser des techniques directement inspirées de Tien-An-Men pour matraquer des journalistes. Notre ministre des droits de l'homme, Rama Yade, a retiré ses conditions de participation à la cérémonie d'ouverture des J.O. L'organisation de JO à Pékin était censée importer la démocratie dans ce pays, c'est en fait elle qui exporte sa dictature et, par sa croissance à double-chiffre, impose ses règles et même notre président bling-bling et sa ministre  d'on ne sait plus quoi se laissent mener par le bout du nez.