On le reconnait immédiatement avec sa voix d'outre-tombe, Grand Corps Malade a sorti un deuxième album début de cette semaine et j'ai eu l'occasion d'y jeter une oreille. A vrai dire je ne m'y attendais pas du tout quand j'ai entendu la nouvelle, je ne pensais pas qu'il allait sortir un deuxième album, tant le premier était un OVNI. Faut croire que ces messieurs les producteurs ont du trouver les bons mots...

Autant le dire tout de suite, je suis un peu déçu de "Enfant de la ville". On peut comprendre que pour "Midi 20", il est été intéressant de mettre de la musique derrière les textes afin de rendre l'album commercialement plus intéréssant (le grand public s'attend à ce qu'un CD contienne au moins de la musique, pas que des paroles), mais je trouve que les morceaux qui servent d'arrière-plan musical sur ce deuxième album sont trop présent et leur volume sonore, par rapport à celui du slammeur, beaucoup trop haut pour mettre le slam en valeur. L'oreille de l'auditeur est souvent trop attirée par les instruments en arrière plan, et l'attention est de ce fait détourné des textes de Grand Corps Malade. Pourquoi est-ce que la majorité des pistes débutent pas de notes de musique ? Il s'agit d'un album de slam non ? La musique sur cet album comme sur le premier pose un autre problème. Le rythme de diction des textes n'est pas toujours celui de la musique (sauf sur 'à la recherche', mais là c'est plus du hip-hop), et c'est parfois très dérangeant, on ne sait pas si on à faire à un album à écouter debout (sur lequel on pourrait bouger) ou assis (dont on ne peut qu'écouter les paroles).

"Enfant de la ville" reste tout de même un album intéréssant, dont on choisira le bon moment pour s'y plonger, Grand Corps Malade nous y propose des textes forts, travaillés, qui savent toucher. Je recommande particulièrement les pistes "Pères et Mères" (un petit bijou de texte), "A la recherche" (Avec Oxmo Puccino).